Un pompier qui surgit hors de la nuit, court vers l'aventure au galop!
Alors là, le coup des pompiers en pleine nuit, c’était grandiose ! Wouaou ! A peine arrivés que déjà c’est l’aventure ! Et moi, j’adore ça alors forcément, je fonce !
Bon, en fait, au début, j’ai eu un peu de mal à me dépêtré du dessus de lit que quelqu’un… enfin quelqu’une ( !!!) m’a balancé dessus car soit-disant (…) ça l’empêchait de passer entre le lit et la commode… Admettons ! Mais Crotin d’crotin qu’est-ce qu’il était lourd ce dessus de lit ! C’est des trucs à l’américaine ça !! Bon, restons calme… Usant d’astuce et jouant sur le déséquilibre pondéral de la chose (vous m’suivez ?), je finis par me libérer et je file dans le couloir pour évacuer le bâtiment moi aussi. Hey ! C’est que je prends feu plus vite moi !
Bien sûr, c’est évident, j’évite les escaliers de secours où je risque de me faire piétiner par des humains à moitié endormis et donc encore plus râleurs que Grognon. Non, très logiquement, je cherche la conduite d’aération ou à défaut, la conduite qui atterrit direct dans la panière à linge sale (j’ai toujours rêvé de faire ça ! Une bonne glissade avec réception dans un truc super moelleux !) . Mais rien de tout cela à l’horizon.
Soudain, je me retrouve nez à nez… enfin, nez à casque, avec ce que je suppose être un pompier : heu, les gars, c’est pas un peu trop large vos tenues ? Je sais que certains d’entre vous ont une tendance à l’obésité, mais quand même, on dirait des cosmonautes. Et puis tout le matos là, faudrait pas plutôt se le trimballer, que lorsque l’incendie a été repéré ??? Enfin, c’que j’dis, c’est juste pour aider !
Evidemment, comment voulez-vous qu’il me repère avec tout ce bardas ? J’ai dû improviser : j’ai escaladé son attirail et me suis accroché à la collerette qui se trouve derrière le casque… En fait, c’est un bout de plastoc… Ca me fait comme une selle de cheval, mais sur la nuque d’un pompier ! C’est assez confortable et je peux tout voir comme ça ! Toutefois, me demande bien à quoi ça peut servir… A ben oui ! Suis-je bête ! A protéger les cheveux longs ! C’est trop ingénieux ! Faudra que j’en glisse un mot à Grognon : ça pourrait lui éviter les lavages trop fréquents qui soit-disant lui abiment le cuir chevelu...
Bref, Nous faisons un sacré tour dans les étages de l’hôtel pour repérer l’incendie, mais pas une fumerolle… Il m’a fait pitié ce pauvre pompier sans feu. Franchement, j’en aurais bien allumé un pour pallier à sa frustration ! Mais bon, j’ai promis d’être sage donc ...
Au bout d’une demi-heure, nous descendons. Ou la la ! Ca flashe sec dehors ! Sont pas venu les mains vides les gars ! Il y a toute la cavalerie : le gros camion, le moyen camion et le petit camion, comme dans Boucle d’Or (oui, je sais, la haute littérature, ça vous dépasse, mais que ça ne m’empêche pas d’instruire ceux que ça peut intéresser !). Tous les gyrophares fonctionnent : on dirait un feu d’artifice rouge ! Mon pompier fonce et grimpe à l’arrière du gros camion ! Wouaou ! Trop la classe ! C’est énorme ! Ils sont trop bien équipés dedans ! Il y a tout ce qu’il faut pour sauver et soigner les gens et pour communiquer avec les autres camions ou les pompiers ou le central ! Les collègues sont déjà là! Nous sommes les derniers à arriver et à peine la portière fermée, le chauffeur démarre l’engin. C’est une mécanique monstrueuse ! Ca vibre de partout, mais les sièges sont trop confortables et montés sur des amortisseurs du diable ! Ah la vache ! Comme j’aimerais conduire ça… si je savais conduire !
Ca y est ! On part ! Toutes les voitures s’écartent sur notre chemin : bon, il faut dire qu’à 4h du matin, il n’y a pas grand monde dans les rues, mais tant pis ! On se croirait dans un film ! Mon pompier enlève son casque. Tiens il ressemble à Ike, pas un poil sur le caillou ! Il paraît que c’est la mode de se raser le crâne… Mais alors… pourquoi le protège-cheveux ? Me faudra éclaircir tout ça !
Quand il me découvre accroché à son protège-cheveux, il est tout d’abord surpris, mais je me présente et on fait de suite copain copain ! Il me présente ses collègues et l’ambiance est tout de suite très détendue ! Ils m’offrent même un petit coup à boire. Ils sont vraiment trop sympas ! Bon, c’était de l’eau, mais franchmin (j’ai appris ce mot avec mes nouveaux amis !), que peut-on espérer d’autre de la part de pompiers ? Ils n’ont que ça dans leur camion ! Et bien non ! Détrompez-vous mes amis ! Il paraît qu’ils ont aussi de la mousse, du sable et pleins d’autres trucs chimiques ! C’est vraiment un métier formidable qui aurait plu à Teaspoon ! Nous arrivons à la caserne et là, je tire mon chapeau (enfin mon casque car j’ai troqué mon chapeau contre un casque protège-cheveux longs) au chauffeur qui te fait un créneau arrière avec le gros camion sans aucune autre manœuvre ! Ca c’est du professionnalisme ! Un vrai papa ours canadien !
Les gars me serrent la main et me disent de repasser les voir.
Sûr les gars ! Pas de soucis, nous sommes frères maintenant !
Et puis là, j’ai soudain réalisé que les événements m’avaient pris dans leur tourmente et que je me retrouvais un peu au beau milieu de Montréal, en pleine nuit, avec aucune idée de l’endroit où est mon hôtel et sans aucun moyen d’y retourner… C’est pas cool comme situation… mais qu’est-ce que je me suis régalé !
Bon, c’est pas tout, mais il me faut rejoindre l’hôtel. Je retourne voir mes potes et leur fait part de mon souci.
« Ben j’te rmènerai en début de matin, à la fin d’mon service quoi. J’y passe devin ! »
Trop sympa mon pote ! En plus, grâce à lui, je vais vite devenir trilingue français-américain-canadien !
En attendant le matin, je suis donc allé roupiller un coup sur un brancard… J’ai quand même un peu la tête dans le popotin avec toutes ces émotions en plus du décalage horaire !
A une prochaine si vous voulez connaître la suite!
(soyez pas trop pressé, je suis un peu overbooké ici pour le moment mais je compte bien y remédier!)